[MAG] Devoir d’enquête: l’affaire des ballets roses

Devoir d'enquête revient sur la théorie des ballets roses. Un bruit qui court depuis trop longtemps.

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Des parties fines organisées au plus haut sommet de l'Etat, avec des magistrats, des généraux de gendarmerie, des ministres et notre bon vieux ex-roi Albert? Tant qu'il y aura des Belges pour y croire, ce dossier des "ballets roses" ne sera pas enterré. L'histoire remonte au début des années 80, lorsqu'un psychiatre bruxellois nommé André Pinon, trompé par son épouse, décida de faire courir ce drôle de bruit en y incluant sa chère et tendre. Une vengeance grossière, mais qui allait néanmoins nécessiter une enquête. Le journaliste de la RTBF Gérard Rogge prouva très vite qu'il s'agissait de l'œuvre d'un psy détraqué. Oui mais voilà. Le bruit a fait trop de bruit, puis il s'est mis à courir à travers les décennies, en s'offrant notamment une nouvelle audience lors de l'affaire Dutroux.

Les ballets roses auraient pu se taire à jamais si un autre détraqué du royaume, alias Laurent Louis, ne les avait pas mis dans sa liste des "choses à faire pour ennuyer mon monde et devenir le député fédéral le plus comique de Belgique". Relançant la rumeur, le clown s'est retrouvé, en 2012, au cœur d'un reportage de Devoir d'enquête. Il n'y était pas épargné: on parlait notamment de lui comme d'un "triste chevalier blanc" et comme d'un "obscur député qui mène le bal de la calomnie". Bien sûr, il a tenté de faire interdire la diffusion du reportage. Et bien entendu, il n'a pas obtenu gain de cause. Aujourd'hui, celui pour qui les ingrédients de la politique belge ne sont que "magouilles, corruption et pédophilie" n'est déjà plus qu'un mauvais souvenir. Pour Devoir d'enquête, voilà donc l'occasion de mettre une croix au fer rouge sur ces ballets roses, en évoquant une dernière fois la force d'un bruit qui, un jour ou l'autre, finira bien par devenir murmure. Qui sait?

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