[MAG] Devoir d’enquête – Courage fuyons!

Ce devait être le plus beau jour de sa vie. Il s'est terminé en cauchemar pour Albana, enfouie dans le coffrage d'un pont en construction.

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Ham-sur-Heure, le 15 janvier 2008. Albana Margjeka, 30 ans, apprend qu'elle est enceinte. Un nouveau départ pour cette jeune Albanaise qui a réussi à fuir le milieu de la prostitution carolo grâce à son compagnon, Christian De Groote, un routier quinquagénaire. Ce jour-là, elle a l'intention de faire les boutiques à Bruxelles. On ne la reverra jamais. Grâce à l'obstination de l'équipe du commissaire Georges Zicot, quatre ans plus tard, on découvre son cadavre dissimulé dans le coffrage d'un petit pont en béton sur la propriété d'un certain Frans Rudelopt. Le témoignage de ce dernier accable Christian De Groote qui l'aurait appelé pour lui avouer "une connerie".

 

L'autopsie met en évidence plusieurs blessures par balle tirées à bout portant ainsi que des coups violents portés à la tête. En novembre 2013, les deux accusés comparaissent libres devant les assises du Hainaut. "Je n'ai peut-être pas réagi comme il le fallait, déclare le compagnon d'Albana, mais cette femme, je l'aimais. Depuis le début, je clame mon innocence." Une protestation qui ne convainc pas le jury. Le verdict de culpabilité est suivi d'un coup de théâtre rocambolesque: De Groote a profité des délibérations pour prendre la poudre d'escampette. Le lendemain, lors des débats sur les peines, l'avocate générale fulmine: "Cette place vide aujourd'hui renforce encore la conviction que Christian De Groote n'a pas entamé un travail d'amendement. Il a continué tout au long de l'enquête et du procès à nier farouchement le crime en donnant des explications abracadabrantes même face aux éléments particulièrement probants". Une réquisition en béton armé.

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