Lundi en histoires – Manuel Valls: le matador

Alors que la gauche française pédale dans la semoule, Manuel Valls: le matador passe au peigne le fin la trajectoire du Premier ministre français.

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Il en sort souvent, en France, des hommes qui se rêvent une carrière politique fulgurante qui culminerait à l'Élysée. Nicolas Sarkozy avouait y penser tous les matins, en se rasant. Pour Manuel Valls, Premier ministre dont le parti vient de se prendre une raclée aux élections départementales, l'envie de présider remonte au moins à ses 17 ans. Nous sommes en 1980 et le natif de Barcelone n'est pas encore naturalisé français. Il adhère au mouvement des jeunes socialistes et soutient Michel Rocard contre François Mitterrand. Il passera les années 90 dans des cabinets et au service de Lionel Jospin. Porte-parole de celui-ci après le passage du FN au second tour de la présidentielle en 2002,  il devra éponger dans les médias les retombées de ce traumatisme. Petit à petit, il développe un profil atypique au sein du parti socialiste: ferme sur les questions de sécurité et libéral sur le plan économique, tendance Tony Blair. Nicolas Sarkozy le trouvera suffisamment à son goût pour lui proposer un portefeuille ministériel dans son gouvernement. Glanant le poste envié de responsable com de François Hollande pour sa campagne, il s'empare, après l'éviction de Jean-Marc Ayrault, du poste de Premier ministre. Alors que la cote de popularité de François Hollande est en berne, et que la France a nettement viré à droite lors des récentes élections locales, Manuel Valls peut-il encore rêver d'accéder à la présidence? Franz-Olivier Giesbert, vieux baroudeur des milieux politiques, expert du journalisme de connivence, et Virginie Linhart, réalisatrice rodée aux documentaires politiques, brossent un portrait sans concession d'un homme qui ne déborde pas d'humour mais dont la ténacité semble inébranlable.

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