L’Ombre d’un doute: Venise, la cité des sortilèges 

Sous le prisme de l’histoire, la belle Venise se révèle bien différente de son imagerie romantique. Voyage au-delà des légendes…

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Lever le voile sur des lieux, des événements ou des personnalités que l’on croit connaître, l’ambition est commune à la télévision. Sans toujours, hélas, que soient révélés les secrets attendus. La réussite et l’intérêt de l’émission de Franck Ferrand résident à l’inverse dans sa capacité à appréhender ses sujets sous un angle original, quitte à se montrer parfois polémique.

En témoigne, à nouveau, l’émission de ce soir, consacrée à Venise. Délaissant les clichés touristiques, L’Ombre d’un doute nous offre de découvrir une ville bien plus sulfureuse que ne le laisse penser son imagerie romantique, faite de gondoles, de splendides monuments et de balades amoureuses dans de charmantes venelles.

Car dès sa création, la Sérénissime se distingue par un appétit pour le pouvoir sans guère de limite. Au IXe siècle, le doge commandite ainsi le vol des reliques de l’évangéliste saint Marc, détenues par l’Egypte, pour s’imposer parmi les grandes villes de la chrétienté. Pas très catholique…

Pas plus que la participation de Venise à la quatrième croisade, que la cité détourne à son profit, pillant sans vergogne des villes comme Constantinople – pourtant chrétienne, elle aussi. Des ambitions mercantiles bientôt exacerbées par la concurrence naissante de rivales telles que Gênes.

Après avoir régné sur l’Occident médiéval, Venise connaît, en effet, un dangereux déclin dès le XVIe siècle. Et n’hésite pas à exploiter la communauté juive de la ville, qu’elle parque dans le premier ghetto juif de l’histoire et taxe sans vergogne…

Relayant quelques passionnantes anecdotes, les historiens interviewés révèlent ainsi un visage méconnu de la splendide Venise. Et écornent au passage certains mythes – comme celui de Marco Polo, dont la sinologue Frances Wood estime qu’il n’a probablement jamais mis les pieds en Chine! Romantiques, peut-être, mais surtout très filous, ces Vénitiens…

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