Les Clés de l’orchestre : La 40e Symphonie de Mozart

Extraordinaire vulgarisateur, Jean-François Zygel mène son million de téléspectateurs à la baguette.

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Pianiste, compositeur, arrangeur, professeur d’écriture musicale et d’improvisation au Conservatoire national de Paris. Voilà pour le pédigrée de Jean-François Zygel. A l’occasion de ce numéro des Clés de l’orchestre consacré à la 40e de Mozart, celui qui réussit le pari improbable de marier la musique classique et le grand public nous donne une leçon particulière. Alors, on la ferme… 

Quel est votre secret?
Jean-François Zygel – Je suis musicien! Jusqu’ici, les émissions sur la musique classique étaient faites par des journalistes. Comment voulez-vous qu’ils nous fassent rentrer dans une œuvre, ils ne la comprennent même pas eux-mêmes…

Vous abordez aussi le classique sous l’angle du cinéma, de la pub ou même de sonneries de GSM. Ca aussi, c’est novateur, non?
Auparavant, les programmes de ce genre ne parlaient pas de musique mais bien de la vie des compositeurs. Dans mes émissions, l’invité principal, c’est la musique. Alors, tous les moyens sont bons. La télévision est une salle moderne et il n’y a pas de raison de laisser ce média à la téléréalité ou aux émissions people.

Remarquez-vous un regain d’intérêt pour la musique classique? 
La pratique amateur a beaucoup évolué. On remarque d’ailleurs une grosse augmentation des nouveaux inscrits dans les conservatoires et les chorales. Mais je rencontre encore trop de parents qui pensent que le métier de musicien n’est pas un job sérieux. Moi, je pense que tout ce qui n’est pas de l’art n’est pas sérieux.

La faute à notre société?
On ne voue plus un culte qu’au divertissement et à la performance et on zappe de plus en plus l’art. Avant, les politiques allaient à l’opéra ou à la Comédie française. Aujourd’hui, quand je les reçois dans mes émissions, ils ont beau avoir lu Proust, Stendhal et écouté Mozart ou Stravinsky, ils me parlent de foot ou de Johnny!

Heureusement que vous êtes là…
Si on ne fait pas ça, il ne restera plus que le cul, le fric et le sport. Alors que la musique classique est ce qui a de plus précieux à offrir. On n’est jamais déçu par Mozart. C’est un ami très fiable!

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