Le souffle de la guerre chimique

Ce documentairenous plonge, depuis la Première Guerre mondiale, dans l’évolution trouble des armes chimiques et les efforts déployés de s'en débarrasser.

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Le 16 mars dernier, des combattants kurdes ont accusé l'État islamique de les avoir attaqués avec des armes chimiques, notamment de la chlorine. Il pourrait s'agir, dans le conflit syrien, d'une nouvelle attaque chimique, interdite par le droit international, après celles perpétrées par Bashar El-Assad, qui ont été largement documentées en 2013. Face à cette actualité féroce, l'histoire nous rattrape. Il y a pile un siècle, à Ypres, au plus fort de la sale guerre, les Allemands ont ouvert 6.000 bouteilles qui ont libéré 180 tonnes de chlore sur le champ de bataille. Décompte final: 10.000 victimes. Dès le lendemain quasiment, une course aux armes chimiques s'est amorcée. Alliés comme Allemands ont accumulé des réserves alors que les attaques au gaz n'étaient pas réellement maîtrisables, dépendant grandement du vent. Le Traité de Versailles en interdira l'usage lors des conflits sans toutefois prohiber sa fabrication. Jusqu'à la fin de la Guerre froide, les Etats vont ainsi accumuler des réserves d’armes chimiques. Le document de ce soir livre un morceau d'histoire passionnant mais aussi le récit des efforts de coopération internationale pour se débarrasser des arsenaux. Alors que la majorité des Etats a rejoint la Convention sur l'interdiction des armes chimiques (1997), on estime aujourd'hui que 80 % des stocks déclarés ont été détruits. Malgré ces chiffres encourageants, les obstacles politiques, scientifiques et financiers restent nombreux.

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