Le marché de la mort est bien vivant

Cercueils en carton, tombes dotées de QR codes… Etat des lieux d’un marché qui a bien changé.

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On a beau vivre plus longtemps, la fin de l’histoire reste la même. Mais de quelle manière referme-t-on le livre, aujourd’hui? Si le secteur du funéraire peut se targuer de ne jamais connaître la crise (près de 2,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en France), il n’échappe pas à l’impérieuse nécessité de se renouveler. C’est qu’il y a concurrence, comme le rappelle en préambule ce documentaire. Depuis la loi Sueur de 1993, le marché – longtemps sous le monopole des Pompes funèbres générales – s’est libéralisé et l’on compte désormais quelque 3.000 agences de pompes funèbres dans l’Hexagone.

Et il n’y a pas que la réglementation qui a changé. Près d’un Français sur deux envisagerait ainsi la crémation en lieu et place de l’inhumation. Un choix motivé par des raisons aussi diverses que le rejet de la religion, le manque de place dans les cimetières, le souci de l’écologie… ou le prix. Ce dernier argument joue d’ailleurs largement en faveur d’un nouveau type de cercueils destinés à l’incinération: les boîtes en carton! Leurs motifs laissent parfois perplexe, mais à 300 euros – trois fois moins cher que le bois -, il y a de quoi se laisser tenter.

Toujours plus créatifs, de jeunes entrepreneurs imaginent un cercueil biodégradable où planter un arbre, d’autres proposent d’envoyer vos cendres dans la stratosphère. Et les nouvelles technologies s’emparent du marché: sites mémoriaux avec diffusion de messages post mortem, retransmissions de célébrations, biographie du défunt accessible depuis la tombe via QR code… Comme dans un catalogue touristique, le dernier voyage se décline sous presque toutes les versions – économique, écologique, romantique ou technologique. Dommage que ce tour d’horizon (français) n’accorde pas plus de place à la réflexion que suscitent cette quête croissante de personnalisation et notre rapport (moins tabou?) à la mort.

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