Le Comte de Monte-Cristo (1/4)

Dantès-Depardieu ourdit sa vengeance dans une version de Dumas signée Josée Dayan. Affadie mais divertissante.

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La vengeance est un plat qui se mange froid. Celle d’Edmond Dantès attend depuis ce jour de 1815 où, victime d’un complot, le jeune capitaine fut accusé à tort de bonapartisme et jeté dans une geôle du château d’If, au large de Marseille. Dix-huit ans plus tard, le prisonnier parvient à s’échapper, bien décidé à démasquer ceux qui ont ruiné sa vie – et l’ont arraché à sa fiancée, la belle Mercedes. Désormais à la tête d’un trésor dont l’emplacement lui a été révélé par son ancien voisin de cellule, Edmond Dantès réapparaît sous l’identité factice du Comte de Monte-Cristo. Commence alors une formidable partie d’échecs entre le héros à la triste figure et les traîtres d’hier, persuadés que leur victime a trépassé dans son cachot.

Célèbre pour ses adaptations littéraires (elle a depuis signé Les misérables, Les rois maudits, Les liaisons dangereuses…), la réalisatrice Josée Dayan s’attaquait en 1998 au chef-d’œuvre d’Alexandre Dumas, sublime épopée au souffle romanesque et au suspense haletant. Une mini-saga en quatre épisodes, visiblement destinée à rassembler un large public – ambition largement satisfaite, puisque le feuilleton reste un vrai succès de télévision. Les arguments ne manquent pas: un casting quatre étoiles (mais inégal) avec Gérard Depardieu dans le rôle-titre, une superbe musique composée par Bruno Coulais, de beaux décors et une reconstitution plutôt soignée…

Mais, confié à l’écrivain et scénariste Didier Decoin, le scénario prend certaines libertés avec le roman, pas toujours bienvenues – on regrette notamment un très peu convaincant happy end, loin de l’histoire originelle. Et l’ensemble manque parfois de subtilité, dans la narration comme dans la réalisation ou le jeu des acteurs. Reste un agréable divertissement… qui ne manquera pas de susciter l’envie de (re)découvrir le style flamboyant de Dumas lui-même.

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