Le choix de peindre: Vincent Van Gogh

Un docu-fiction sur Van Gogh… Ça ne sentirait pas le vieux tournesol poussiéreux, cette histoire? Eh bien non, au contraire!

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Tout d'abord, parce qu'il nous parle d'un Van Gogh méconnu, ce pasteur un peu paumé qui débarque dans le Borinage à l'automne 1878 pour évangéliser les mineurs. Après avoir tâté de la misère et des limites de sa vocation, il abandonne ses paroissiens de Petit-Wasmes pour s'installer en reclus à Cuesmes. C'est au contact du silence qu'il trouve un sens à sa vie et l'audace de se frotter à ce qui le titille depuis toujours. On connaît la suite.

Ensuite, parce qu'il bénéficie des talents conjugués de deux personnalités plutôt rock'n'roll, le réalisateur Henri de Gerlache et le musicien Tom Barman, leader de dEUS et Magnus. "On a voulu raconter le chemin de croix qu'a été ce séjour borain en le divisant en 14 stations, explique Henri de Gerlache. Mon propos était de montrer comment on devient un artiste, j'ai donc entremêlé des reconstitutions d'époque et des touches contemporaines à travers les extraits des lettres de Vincent à Théo, lues par Tom Barman dans ce paysage bourré de cicatrices." Pourquoi ce choix d'un musicien plutôt que d'un acteur? "Ça ne m'intéressait pas de mettre en scène Van Gogh, je voulais plutôt des cartes postales évocatrices." Malgré un penchant pour l'art abstrait, Tom Barman avoue s'être laissé prendre au jeu. "Je crois qu'Henri a reconnu en moi ce que je reconnais aussi, c'est un nouveau mot que j'ai appris en français: être habité par quelque chose. Créer, c'est vouloir faire un diagnostic du monde et de soi-même, ça va main dans la main avec une nervosité et une intranquillité." Un peintre qui découvre la lumière en explorant le monde souterrain de la mine, ce n'est pas banal. Le film ne l'est pas non plus.

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