La promesse de Florange

Ils en auront reçu, de la poudre aux yeux et des promesses sans lendemain, les ouvriers de l'usine ArcelorMittal de Florange.

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À l'été 2011, Lakshmi Mittal annonce la fermeture d'un premier haut fourneau sur le site lorrain. Un deuxième suit, au beau milieu de l'automne.

Un sixième des 2.800 employés est envoyé en chômage partiel. Alors que la tension monte graduellement entre ouvriers et direction, le candidat François Hollande débarque sur le site, un beau jour de février. Sur ses lèvres, une promesse d'avenir: s'il est élu, tout capitaine d'industrie qui désire fermer une grosse usine sans la céder sera légalement forcé de le faire. Rapidement, les métallos de Florange reviendront de leurs illusions.

En octobre 2012, Lakshmi Mittal annonce la fermeture du site. L'État français dispose alors de soixante jours pour trouver un repreneur et Arnaud Montebourg, le ministre du redressement productif, va même jusqu'à évoquer une nationalisation temporaire… avant de se faire désavouer par son chef de gouvernement, Jean-Marc Ayrault.

Tout au long de ces divers rebondissements, la réalisatrice Anne Gintzburger s'est plongée dans le quotidien des sidérurgistes en lutte. Misant sur l'immersion, La promesse de Florange aboutit à un portrait à portée symbolique, dans une France où le fossé entre travailleurs et politiques se distend sans cesse.

En sous-main, le documentaire évoque aussi l'action d'un dirigeant syndical charismatique, Edouard Martin. Dopés à l'énergie du désespoir, le délégué et ses troupes multiplient les actions, quitte à s'enchaîner aux grilles des ministères, pour rappeler aux gouvernants combien ils n'osent plus faire le poids face à la sphère économique mondialisée.

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