La minijupe se raconte sur la Une

À la fois scandaleuse et délicieuse, la minijupe est une grande énigme. Un docu fait le "court" de la question.

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La couturière britannique Mary Quant lâche le morceau en 1965. Un morceau de tissu qu'elle baptise minijupe en hommage à sa voiture préférée, la Mini. Son argument de vente: les femmes ont non seulement besoin de liberté, mais aussi de mouvement. Et avec un tel vêtement, il devient beaucoup plus facile de courir pour attraper son bus. Pas faux. Pas bête, surtout. Car en dévoilant les genoux de ces dames, la couturière va tout simplement créer l'une des pièces maîtresses de l'histoire de l'émancipation.

L'objet traverse la Manche grâce au flair d'André Courrèges qui décide de rhabiller la jeunesse française en dépoussiérant les bonnes vieilles traditions. Pour lui, la mode doit devenir accessible, pratique, sportive et sexy. La minijupe passionne très vite les foules et s'invite fièrement dans les rues de Paris, Londres ou Bruxelles. Étendard du féminisme et de la sexualité affranchie, elle affole bientôt tout l'Occident par ses vertus scandaleusement délivrantes. Brigitte Bardot, Françoise Hardy et même Catherine Deneuve y succombent, évitant à la minijupe de devoir passer par une porte dérobée.

Bien sûr, ses détracteurs prennent un malin plaisir à s'enflammer. Coco Chanel s'indigne vigoureusement, tandis que Christian Dior roue d'insultes ce genou qui constitue "la partie la plus laide du corps". Mais il est trop tard: la minijupe est là et bien là, à la fois honteuse mais fiévreuse, pernicieuse et audacieuse. Avec un miniparadoxe, toutefois: malgré son charme intemporel, elle n'entrera jamais totalement dans les mœurs. Le documentaire belge diffusé ce soir par La Une raconte l'histoire de ce vêtement pas comme les autres. Sans emprunter – c'est promis – le moindre raccourci.

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