La grande soirée cinéma: spéciale Seconde Guerre mondiale

La Seconde Guerre mondiale a été traitée sous toutes les coutures au cinéma. Avant même qu’elle n’éclate… 

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Dès 1937, année de sortie de La grande illusion, le cinéma met le public en garde contre la montée du péril à venir. Le déclenchement des hostilités débouche ensuite sur une pléthore de films propagandistes auxquels participe le gratin du septième art. Dans Correspondant 17, par exemple, Hitchcock pousse les Américains à s’engager dans le conflit.

Il suscite toutefois la polémique avec Lifeboat, qui donne un visage humain à un nazi. Ou encore avec le méconnu Aventure malgache (interdit en France) qui montre le retournement de veste de certains Français. Un sujet trop sensible dans l’Hexagone, où le thème de la collaboration n’émergera que bien plus tard avec Le chagrin et la pitié. Fritz Lang, de son côté, tourne quatre films antinazis, dont Les bourreaux meurent aussi, au suspense fort hitchcockien.

La fin des hostilités ne tarit pas l’inspiration des cinéastes, en n’évitant pas toujours les clichés sur l’héroïsme et le patriotisme des vainqueurs. Pas facile d’en rire non plus, même si Le dictateur, chef-d’œuvre de Chaplin, ridiculisait déjà le Führer en 1940. La grande vadrouille déride des millions de zygomatiques en 1966, avant que les années 70 n’éloignent peu à peu la guerre 40-45 des salles obscures.

Le Viêtnam passant par là, l’aspect manichéen bons-mauvais prend alors du plomb dans l’aile. Le temps qui s’écoule permettra un meilleur recul pour mieux dénoncer l’horreur de la guerre. Spielberg donne en effet au Jour J un réalisme époustouflant avec Il faut sauver le soldat Ryan.

Tandis qu’Eastwood, dans son diptyque Mémoires de nos pères et Lettres d’Iwo Jima, présente le même épisode du conflit vu à la fois du côté américain et du japonais. Tarantino, lui, ira jusqu’à transformer l’Histoire dans Inglourious Basterds, dont le récit en apparence grotesque démontre pourtant, grâce à quelques scènes glaçantes, l’ignominie du régime nazi. Les canons se sont tus il y a 67 ans, mais le grand écran continue le combat.

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