Kaddish pour un ami

Traditionnelle prière juive, le Kaddish qui donne son nom à ce téléfilm allemand ne résonne pas tout à fait comme les autres. 

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Prononcée en l’honneur d’un vieil ashkénaze originaire de Russie, elle est lue par un ado palestinien venu du Liban. Entre eux, l’histoire avait pourtant bien mal commencé: fraîchement installé avec sa famille dans un quartier populaire de Berlin, le jeune Ali s’était montré farouchement hostile en découvrant que leur voisin du dessus, Alexander Zamskoy, était Juif.

Un véritable ennemi pour ceux qui, comme lui, ont passé leur enfance dans un camp de réfugiés palestiniens. Ali n’est pourtant pas un mauvais bougre, mais dans ce pays qui lui est encore étranger, il cherche à se faire accepter.

En particulier de la bande de jeunes que fréquente son cousin Younes. Quitte à participer avec eux au saccage de l’appartement du fameux voisin…

Lorsque Ali est identifié, c’est la menace d’expulsion. Dans l’espoir que Zamskoy retire sa plainte, le garçon accepte de remettre les lieux à neuf.

Entre l’ado renfrogné et le vieil homme revêche, le fossé semble infranchissable – chacun dans son camp reste pétri de clichés, de rancœurs, de douleurs exacerbées par la permanence du conflit israélo-palestinien.

Mais à mesure qu’ils repeignent ensemble les murs délabrés de l’appartement d’Alexander, ceux qui se dressaient symboliquement entre eux se fissurent, ouvrant la voie d‘une relation inattendue. Une jolie fable humaniste et résolument optimiste, portée par deux acteurs d’une émouvante justesse.

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