Journée spéciale Picasso

L'artiste, le militant et l'homme. Arte explore trois facettes du mythe.

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Fermé au public en août 2009, le musée national Picasso à Paris a fait peau neuve. L'événement mérite bien une triple ovation. Les deux premiers docus de l'après-midi se focalisent sur l'artiste; l'un identifie l'apport indiscutable de la photo dans l'œuvre du peintre à travers des collages et des détournements destinés à offrir une représentation abstraite de la réalité, l'autre nous fait vivre les grandes étapes de la métamorphose du musée, l'implacable compte à rebours jusqu'à sa réouverture le 25 octobre, jour anniversaire de la naissance du maître.

Révolutionnaire, Picasso. Tant dans sa peinture que dans ses engagements. Inquiet de la montée du fascisme et du nazisme, il se lance dans l'arène en fêtant l'avènement du Front populaire en Espagne puis en France, avant de combattre la rébellion franquiste. A la fin de la Seconde Guerre, il adhère au Parti communiste français dont il se désolidarisera définitivement en 1956, au moment de l'intervention soviétique en Hongrie. Pas question de faire rimer insurrection avec compromission.

L'inventaire de la vie de Pablo, c'est son petit-fils, Olivier Widmaier Picasso qui le dresse dans un docu élu "meilleur portrait" au Fifa 2014 à Montréal. Ses innombrables femmes, indispensables à l'accomplissement de son œuvre, ses relations familiales tourmentées, sa position unique sur le marché de l'art, les bagarres autour du faramineux héritage, le poids du nom ("est-ce que ce costume n'est pas trop grand pour moi?"), le fils de Maya Picasso les évoque dans un entretien sans tabou qui tombe à point nommé pour achever de nous donner envie de sauter dans le premier Thalys. "Donnez-moi un musée et je le remplirai", disait Picasso. Pari tenu!

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