Infrarouge: Voyage au centre de l’alcool(isme)

L’alcool. Ce compagnon pervers, faux ami et meilleur ennemi, Christophe Otzenberger l’a bien connu. Leur dangereuse cohabitation commence après l’échec du film commercial Itinéraires, qui laisse le réalisateur désorienté.

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La dépression et la bouteille pointent leur nez. Jusqu’au sursaut, apparu par la grâce d’une main tendue: celle de la productrice Hélène Badinter. Ce documentaire en est la résultante. Un film sur les ravages de l’alcoolisme, qui affiche d’emblée un ton très personnel, une profonde implication.

Christophe Otzenberger ne cache rien de son parcours ni de ses mauvais démons. Son travail n’en est que plus touchant, posant un regard tout à la fois complice, attentif, amusé parfois, mais toujours infiniment respectueux sur ceux qui, comme lui, ont tutoyé la maladie. Des jardins d’un centre de désintoxication aux séances collectives chez un psychiatre, la caméra s’attarde sur chacun d’eux, prend le temps d’observer, reconstitue des cheminements douloureux. Les échanges qu’elle capte en disent long sur l’aspect pernicieux de l’alcool, symbole trompeur de fête et de convivialité.

En témoigne cet ancien parachutiste, au discours édifiant: "Quand on a des responsabilités, prendre un coup de whisky avant d’affronter certaines personnes, c’est très bien. Parce qu’on est démultiplié…" Déni, peur du sevrage, hantise de la confrontation avec une difficile réalité…, les obstacles à la sobriété sont multiples et les rechutes toujours menacent. Ponctué de très belles photos noir et blanc des femmes et hommes interviewés, le documentaire de Christophe Otzenberger alterne témoignages d’alcooliques et paroles de proches, souvent frappés de la même honte et enfermés dans une éprouvante impuissance. Des humanités blessées d’une grande dignité.

26 maiFrance 2 22h50: Infrarouge: Voyage au centre de l'alcool(isme)

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