Indices

Georges Huercano fait le bilan d'une saison d'Indices forte en émotions.

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Depuis 2008, le magazine d’investigation mensuel de RTL-TVI nous révèle les dessous des dossiers les plus sordides. Sans jamais tomber dans le glauque. Et ça marche!

Les audiences d’Indices sont toujours excellentes. Comment l’expliquez-vous?
Georges Huercano – Nous avons réussi à faire évoluer le magazine, avec la difficulté évidemment de coller toujours à l’actualité et donc d’essayer de développer des sujets en amont de gros procès. Pour ce faire, il faut convaincre ses acteurs de témoigner avant de passer à la barre, ce qui est extrêmement compliqué. Cela nous oblige parfois à repousser certains sujets et à retomber sur nos pattes très rapidement, nous avons eu le cas quelques fois cette année. Il y a eu aussi l’arrivée de Nadia Bouria comme journaliste titulaire, qui permet de réinstaller le tandem stable que je formais avec Dominique Demoulin. C’était nécessaire.

Quelles sont les évolutions notables du magazine?
Nous avons essayé de traiter non seulement des affaires judiciaires et des faits divers, mais aussi des sujets de société, comme l’autisme ou l’anorexie, à travers certains procès. De développer d’autres aspects et de poser les problématiques pour poser les "bonnes" questions. Faire réfléchir sur certains maux de notre époque en partant d’un fait qui concerne la justice, mais qui ne rentre pas dans la case des "meurtres" ou des "crimes".

D’après vous, pourquoi les faits divers intéressent autant les gens?
Parce qu’on fait entrer les gens dans l’intime, dans l’inconscient, dans tout ce qui effraie. L’infanticide ou la pédophilie sont tellement inimaginables pour la plupart d’entre nous qu’on a besoin de clefs de compréhension de ces actes. De saisir comment certaines personnes arrivent à commettre les pires atrocités. C’est ce que nous essayons modestement de faire: placer un contexte et ne pas s’arrêter à raconter simplement des faits. On ne peut réussir le sujet que si on explique le "pourquoi". Pour faire la part des choses.

Comment dort-on après avoir présenté les pires travers du genre humain?
Pas toujours paisiblement. Certaines histoires marquent énormément. Je me souviens d’Alice, par exemple, une anorexique partagée entre son désir de maigrir, et donc de mourir à petit feu, et son amour pour sa famille. C’est bouleversant, on se sent perdu face à ces combats.

Existe-t-il encore des sujets tabous, aujourd’hui? 
Non, mais certaines affaires sont tellement repoussantes et cruelles qu’on ne les aborde pas. C’est le cas du couple qui a martyrisé ses enfants pendant une dizaine d’années, leur faisant manger des excréments. Et puis dans ce genre d’histoire, on ne peut pas faire témoigner les enfants, on ne peut que raconter les faits. Ça n’a pas grand intérêt.

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