Homos, la haine

Attisée par le débat sur le "mariage pour tous", l’homophobie regagne du terrain en France.

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"C’est contre la loi de Dieu". "Ce sont des malades". "C’est un vice". À entendre ces propos sur l’homosexualité dans Homos, la haine, on se croirait en Ouganda, nation où cette orientation sexuelle est sévèrement réprimandée. Mais non. Ces allégations moyenâgeuses, c’est en France qu’elles sont aujourd’hui proférées. Au pays dit des Droits de l’homme. Pas la peine de se pincer, on ne rêve pas. Mais à vrai dire, en découvrant les témoignages recueillis par ce documentaire, on n’est pas étonné non plus. Car on se souvient aisément, c’était hier, des vagues d’animosité soulevées par les débats sur le "mariage pour tous", la seule loi sociétale faite, votée et soutenue du bout des lèvres par François Hollande, destinée à ouvrir l’union civile aux couples gay. Depuis, les agressions à caractère homophobe ont doublé dans l’Hexagone, tandis que l’homophobie est déjà la première cause de suicide chez les ados depuis des années. Alors, ici, on écoute avec douleur le récit d’Amina, élevée dans une famille musulmane et rejetée par les siens parce que lesbienne. On ressent de l’empathie pour Samuel, battu par son père juif orthodoxe, car homo. On souffre avec Jean-Pierre, qui estime à 68 ans "avoir raté sa vie". On constate les traumatismes de Bruno, de Wilfred ou de Laurent Kérusoré, héros de Plus belle la vie, qui ont tous trois subi des violences physiques, parce que "différents". On se dit, entre amertume et colère, que tout ça n’est pas près d’être fini, quand on surprend encore des personnalités politiques irresponsables – de gauche comme de droite – jeter de l’huile sur le feu pour faire plaisir à un électorat religieux. Et on espère, sans trop y croire, que les récentes prises de position du pape pour l’intégration des gays mettront le holà à ces relents d’un autre temps.

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