Hep taxi!: Daniel Cohn-Bendit

Autrefois, on l'appelait Dany le Rouge. C'était l'époque de l'occupation de la Sorbonne, des grandes revendications, des étudiants qui accompagnaient massivement les grèves de travailleurs. 

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Daniel Cohn-Bendit se définissait alors comme un libertaire, un fort en gueule qui n'avait pas peur de contredire qui que ce soit. Né à Montauban en 1945, de parents ayant fui l'Allemagne nazie, Cohn-Bendit a donc été cet homme qui regarde un flic, sourire provocateur aux lèvres, sur une photo mythique de Gilles Caron. L'image a fait le tour du monde. Cohn-Bendit fera, au milieu des années 80, le bilan sur ces années en signant un adieu à ses envies révolutionnaires. Il est devenu écologiste, sera élu député européen en Allemagne puis en France. En 2014, après vingt ans à haranguer l'hémicycle bruxellois et les plateaux des médias français, Cohn-Bendit a tiré sa révérence.

Assis sur le siège arrière de Jérôme Colin pour la promo de son dernier livre (L'humeur de Dany, Robert Laffont), Dany le Vert, qu'on sent parfois nostalgique, nous ramène vers Mai 68 et l'esprit qui s'y répandait. Il raconte comment il a vu Joan Baez et Bob Dylan au festival de Forest Hills, en 65 ou 66, et Jimi Hendrix à l'île de Wight. Fanatique de Jean Seberg, vue et revue dans A bout de souffle, il est sur le point de la rencontrer, quelques jours avant sa mort mystérieuse. Bien sûr, Cohn-Bendit parle de cette Europe que ses parents n'imaginaient pas possible, à la fin de la guerre, et évoque ce monde politique qu'il connaît tant. Mieux: il conseille à ceux qui aspirent à s'y plonger de ne pas lire que des rapports et des chiffres. Lui, a presque l'air soulagé de s'en être tiré.

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