Grand-angle: Nés dans le mauvais corps

Ils sont nés hommes, mais sont devenus des femmes. Elles témoignent sans tabou.

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Avant 2007, en Belgique, toute personne qui voulait changer de sexe devait introduire une demande officielle auprès d'un tribunal. Et le juge pouvait parfaitement refuser. Une loi a simplifié les choses et, désormais, il suffit aux transsexuels de se rendre à la maison communale.

Du coup, d'année en année, leur nombre augmente dans notre pays. En 2010, environ 80 personnes ont effectué les démarches pour être reconnues du sexe opposé. Ce n'est pas énorme. Mais ça prouve que la société évolue, et que les mentalités ne sont pas effrayées par le mot "liberté". Un mot revendiqué par Brigitte, Evelyne, Sylvie ou Nicole dans un reportage où elles se livrent sans langue de bois. Avec une obsession commune: faire en sorte qu'on les considère comme Monsieur et Madame Tout-le-monde.

"Nous ne sommes pas des travestis. Notre but n'est pas de choquer ou de nous déguiser, mais bien de passer inaperçues. Nous sommes juste nées dans le mauvais corps. Nous avons l'apparence masculine, mais nos cerveaux sont féminins. Il ne s'agit pas d'un fantasme, mais d'un problème génétique".

Tel est le fil conducteur des témoignages: un besoin de quitter un corps qui n'est pas le sien. Sans qu'on les voie comme des malades ou des déviants sexuels. Bien sûr, la démarche exige de nombreuses étapes. Outre le changement d'état civil, c'est la transformation physique qui demande le plus de temps et de patience.

Le documentaire de Sophie De Brabandere et Georges Huercano-Hidalgo s'invite notamment dans un hôpital de Gand, dans l'un des services les plus réputés d'Europe pour ce type d'opération. C'est là que les transsexuels renaissent littéralement. Avec une lucidité néanmoins étonnante: "On ne devient jamais entièrement une femme, mais on essaie de s'en approcher le plus possible. La nature s'est trompée, c'est tout ce qu'il faut comprendre…"

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