Gibier d’élevage

Dans la catégorie des prix Nobel de littérature géniaux et oubliés, nous appelons Kenzaburô Ôé, plume japonaise aussi prolifique que peu traduite.

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En 1958, tandis que les plaies de la guerre suppurent toujours, il publie Gibier d’élevage. La ligne narrative est aussi simple que terrible. Un pilote américain noir s’est écrasé. Des enfants le retrouvent et le cachent aux adultes du village.

Pour les gamins, il va vite devenir un animal domestique, objet de fascination dont il faut s’occuper. Rithy Panh, l’un des plus grands réalisateurs cambodgiens, replace cette trame dans le Cambodge des Khmers rouges, pendant la guerre du Vietnam (1972).

Comme chez Ôé, le pilote est toujours noir et captif. Mais les enfants se font découvrir par des maquisards khmers, qui vont rapidement les endoctriner. L’Américain, quant à lui, échange son statut de bête contre celui de monnaie d’échange, à troquer contre d’autres prisonniers khmers.

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