Fortunes: une série vive et légère sur la France multiculturelle

Arte serait-elle en train de se dérider? Après le succès public et critique de la série Les invincibles, la très sérieuse chaîne culturelle renouvelle l’expérience d’un genre peu développé dans sa grille: la comédie.

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On retrouve d’ailleurs dans Fortunes la même atmosphère de buddy movie: l’histoire met en scène quatre amis trentenaires, ados attardés à l’humour potache et au sens des responsabilités tout relatif.

Extension d’un unitaire diffusé en 2008, la série se détache de l’intrigue originelle, qui était centrée sur les amours de Brahim, musulman d’origine algérienne et d’Helena, catholique d’origine portugaise. Désormais, on suit surtout les tribulations du héros, de son frère Fathi et de leurs amis Driss et Mike au pays de la débrouille. Et s’il est question de fortune, celle-ci apparaît surtout sous la forme de coups du sort: rêvant d’argent facile, le quatuor parvient à peine à boucler ses fins de mois, accumulant les (mauvais) plans pour se sortir de galère.

Si les premiers épisodes semblent un peu longs à démarrer, les mésaventures des compères prennent peu à peu le relief attendu. Le mérite en revient surtout aux comédiens, qui ne manquent ni de charme ni de justesse. En dépit de quelques répétitions dans les intrigues successives, on finit par s’attacher à cette joyeuse bande de potes, composant comme ils peuvent dans une France multiculturelle. Car, et c’est la belle idée de Fortunes, il s’agit surtout d’histoires de communautés – maghrébine, gitane, portugaise ou chinoise. Si les protagonistes sont français, ils n’ont pas pour autant renoncé à leurs traditions… ni à leurs préjugés. D’où un humour entre beaufitude et second degré, maniant les clichés sans crainte du politiquement incorrect. Comme chacun en prend pour son grade, c’est assez vivifiant.
 

22 mars: SERIE Fortunes ARTE 22h25

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