Face au crime (Arte 20h40)

Sombre et intimiste, ce polar au cœur de la mafia russe de Berlin s’avère une étonnante série à tiroirs. On recommande!

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Oubliez vos éventuels a priori sur les séries allemandes. Ne vous formalisez pas devant le générique ultra-vieillot et soyez indulgent avec la V.F. S’arrêter à ces petits bémols vous empêcherait de (re)découvrir une œuvre surprenante qui vous cueille presque malgré vous.

En Ukraine, la jeune et innocente Lenka rêve d’amour et d’ailleurs. Elle espère trouver son bonheur quand un dénommé Ahmed lui propose de l’emmener à Berlin pour travailler dans un restaurant. Quelques heures plus tard, la donzelle se retrouve cloîtrée dans un appartement de la capitale allemande, sans passeport et prête à être livrée aux appétits masculins les plus débridés. À quelques pas de là, Marek, fils d’immigrés russes, se morfond dans le commissariat où, avec son coéquipier Sven, il reste cantonné aux petites interpellations. Très vite, les intrigues se mêlent comme autant de ramifications décrivant à merveille le Berlin de la mafia russe.

Face au crime dégage un charme étonnant. Extrêmement réaliste, la série prend le temps de s’attarder sur ses personnages et ne néglige pas les à-côtés de l’intrigue principale, mariant les langues, explorant la culture slave et les affrontements communautaires. Dans une atmosphère suintante très personnelle se dessine une cartographie du crime organisé, avec guerre des gangs, flics ripoux, code d’honneur, solidarité familiale, violences et orgies où drogues et filles servent de loisirs quotidiens. C’est moderne, rythmé, parfois gentiment kitsch. Certains traitements peuvent laisser perplexe (les deux collègues féminines de Marek, très présentes dans le premier épisode, disparaissent rapidement au second plan), mais il y a là quelque chose de nouveau, d’inhabituel et de très humain. On attend des nouvelles de la saison 2.

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16 novembre Face au crime (Arte 20h40)

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