Envoyé spécial: Sous le vernis tchétchène

De la Tchétchénie, on connaît les deux guerres qui l’opposèrent à la Russie en 1994-1995, puis en 1999-2000, ainsi que l’admiration polémique que lui porte à présent Gérard Depardieu.

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Mais à quoi ressemble aujourd’hui cette petite république caucasienne qui a tant lutté pour son indépendance et semble s’être relevée de ses cendres à une vitesse surprenante?

À Grozny, véritable champ de ruines à l’issue de conflit, une ville nouvelle a poussé avec ses immeubles flambant neufs, son clinquant hôtel 5 étoiles, ses commerces de luxe, sa belle usine automobile. L’œuvre du président pro-russe Ramzan Kadyrov, dit-on. Depuis 2007, il s’acharne à redorer, à l’aide de fonds russes, le blason d’un pays désormais si tranquille. Mais sous le vernis, la réalité tchétchène est tout autre.

Au fil de ses rencontres, le journaliste Hervé Ghesquière s’entend raconter le chômage qui explose, les habitants lésés d’une partie des indemnisations russes qui devaient leur être allouées après la guerre, la corruption.

Pire encore: au nom de la lutte contre le terrorisme, les interpellations arbitraires se multiplient avec, à la clé, procès truqués, actes de torture et disparitions inexpliquées. Mais personne ou presque ne pipe mot. Kadyrov, omniprésent dans les médias, ressuscite le culte de la personnalité façon Staline et la répression se charge d’étouffer toute opposition.

À Moscou, Vladimir Poutine peut se frotter les mains: le pays est rentré dans le rang. Il est surtout devenu, comme le souffle un Tchétchène, "silencieux comme un cimetière".

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