Envoyé spécial

Les "branches esseulées": c’est ainsi que l’on nomme, en Chine, ceux qui ne parviennent pas à trouver d’épouse.

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Des hommes généralement installés dans des villages isolés, que les femmes ont désertés dans l’espoir de trouver, à la ville, un riche mari. La tendance est si forte que, d’ici 2020, ils pourraient être 35 millions ainsi réduits au célibat.

Un marché en or: la situation a provoqué l’émergence d’un trafic de femmes grâce auquel les Chinois peuvent, pour quelque 5.000 euros, "acquérir" une épouse – de préférence vierge – en provenance des pays voisins. Patricia Wong et Gaël Caron ont filmé l’une de ces rencontres organisées entre deux jeunes gens que tout sépare: la culture, la langue, les projets.

Pour l’homme, c’est l’assurance de bras supplémentaires et d’une progéniture à venir. Pour la famille de la promise, un pécule de 300 euros en moyenne et la fierté d’avoir marié sa fille à "un riche Chinois".

Pour l’intéressée en revanche, la déception est souvent amère à son arrivée en Chine. Isolées, vulnérables (elles n’ont pas de papiers), ces "mariées malgré elles" sont parfois violentées.

Comme Kim, vendue voici dix ans, qui tente de plaisanter sur la vie de couple pour mieux cacher ses larmes. Si elle est restée, il n’est pas rare que les jeunes femmes rentrent chez elles sans attendre. Pour le célibataire chinois, ce n’est pas un problème: d’après le contrat, il dispose d’un mois pour "échanger" son épouse… Un reportage saisissant sur un trafic qui, jusqu’alors, n’avait jamais été filmé.

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