Engrenage: les jeunes face à l’islam

Occidentaux, ils sont devenus djihadistes. Enquête sur la radicalisation d’une jeunesse sous emprise.

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Passé la sidération, la volonté de comprendre. Les frères Kouachi et Amedy Coulibaly, auteurs des attentats qui ont touché l’Ile-de-France le mois dernier, semblent afficher un parcours similaire à celui de Mohamed Merah, le jeune djihadiste responsable des tueries de mars 2012 à Toulouse et Montauban. Des Français qui ont embrassé un islam radical bien loin de celui de leurs parents, jusqu’à se montrer prêts à mourir en martyrs. Si eux se sont rendus tristement célèbres, des centaines d’autres anonymes, issus de tous les milieux sociaux, venus de toutes les régions de France, ont pris la route pour rejoindre le front syrien.

Pour comprendre leurs motivations, la journaliste Clarisse Feletin a tenté de s’approcher au plus près de ces candidats au djihad – des hommes, des femmes aussi et beaucoup de mineurs. Parmi eux, certains (en) sont revenus. C’est le cas de Samy, qui témoigne ici de son cheminement et permet de mieux cerner les mécanismes à l’œuvre dans le processus de radicalisation. La perte de repères de ces âmes à la dérive, l’intérêt porté aux messages simples et efficaces diffusés par des sites djihadistes ou, sur le terrain, par des amis d’amis, le besoin d’appartenance à un groupe, la possibilité donnée de se (re)valoriser au travers de missions jugées héroïques… Des méthodes d’endoctrinement proches de celles utilisées par les sectes selon Dounia Bouzar, ancienne éducatrice à la protection judiciaire de la jeunesse qui a fondé l’an dernier le Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l’islam (CPDSI). Car au-delà du constat il s’agit surtout de cela: protéger ceux qui pourraient se laisser embrigader, tenter de déradicaliser les autres. Et, comme cet imam de quartier interrogé à Strasbourg, instruire et guider des jeunes se réclamant d’une religion dont ils ne connaissent finalement rien.

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