Duels: Maria Callas/Renata Tebaldi, la féline et la colombe

C’est parti pour une nouvelle saison de Duels au sommet! Ouverture des hostilités ce soir, en musique.

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Il est des duels presque oubliés lorsque l’histoire, élevant l’un(e) des adversaires au rang de mythe, a négligé l’autre. C’est un peu le cas de celui qu’explore France 5 ce soir, pour lancer la deuxième saison de sa collection de portraits croisés. Entre Maria Callas et Renata Tebaldi, la postérité a visiblement choisi. Une injustice que les auteurs Romain Pieri et René-Jean Bouyer tentent de réparer en revenant sur la rivalité qui, dans les années 50, opposa les deux sopranos. Car juste après la guerre, c’est bien l’Italienne Renata Tebaldi qui enflamme les amateurs d’art lyrique, subjugués par la pureté cristalline de sa "voix d’ange", la plus belle du monde dit-on alors. Celle de Maria Callas – qui n’a pas encore le physique de déesse qu’on lui connaîtra plus tard – déplaît en revanche: trop singulière, encore loin de la perfection de sa consœur. Mais à force de discipline, la seconde s’impose où règne la première: sur la scène de la très prestigieuse Scala de Milan.

 

Dans le public, les camps s’affrontent vigoureusement, "callasiens" contre "tebaldiens". Certes, les intéressées lancent parfois elles-mêmes les hostilités à coup de petites phrases assassines: "Dans un poulailler, il ne peut y avoir deux coqs", clame Tebaldi en quittant l’Italie pour New York. "Ne comparez pas le champagne et le Coca-Cola" rétorque Callas à un journaliste l’interrogeant sur sa rivale. Mais la supposée hostilité entre les deux cantatrices (qui fera d’ailleurs beaucoup pour la popularisation de l’opéra) est volontiers exacerbée par la direction de la Scala et, surtout, par une presse avide de potins. Et c’est un peu la limite de ce documentaire, qui se fait le relais des commentaires un brin caricaturaux de l’époque – la colombe contre la mégère, la discrète contre la tragédienne – sans parvenir à les dépasser vraiment.

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