Don Carlo

Suite de l’été verdien sur Arte. Un rendez-vous à ne pas manquer, en direct du festival de Salzbourg. 1559. Pour mettre un terme à la guerre qui les oppose, la France et l’Espagne décident d’unir leurs héritiers respectifs: Carlos, enfant unique de Philippe II, doit épouser Elisabeth de Valois, fille de Henri II.

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 Contre toute attente, les promis tombent amoureux l’un de l’autre. Mais leur belle idylle sera de courte durée. Veuf, le roi d’Espagne Philippe II décide finalement d’épouser lui-même la jeune Elisabeth. Hier fiancée de Carlos, l’adolescente devient du jour au lendemain sa belle-mère. Et Carlos, le rival politique et amoureux de son père… Créée en 1967 à l’Opéra de Paris, cette œuvre de Verdi – adaptation de la pièce éponyme du poète et écrivain allemand Friedrich Schiller – ne séduit guère alors: nombre de critiques reprochent au compositeur d’avoir sacrifié son style pour de nouveaux élans trop wagnériens à leur goût. Remanié, raccourci, l’opéra donne lieu à une nouvelle version pour la scène italienne sous le titre Don Carlo et triomphe enfin. Pour la 93e édition du festival de Salzbourg, c’est la création parisienne que le chef d’orchestre Antonio Pappano et le metteur en scène Peter Stein ont choisi de présenter. L’occasion de (re)découvrir certaines scènes supprimées par la suite, comme celles du premier acte où Verdi exposait l’amour naissant entre Elisabeth et Don Carlos. Une version plus complète donc, mais proposée en italien – alors que Verdi avait pensé l'opéra en français – et sans le ballet que le compositeur avait intégré. Si les mélomanes avertis y trouveront peut-être à redire, la distribution devrait faire s’évanouir leurs réticences: dans le rôle-titre, le ténor Jonas Kaufmann est l’un des plus appréciés et des plus salués du moment. A ses côtés, la soprano Anja Harteros est une partenaire privilégiée, avec laquelle Kaufmann a déjà de nombreuses fois partagé l’affiche. Un couple royal à tous points de vue. Anne-Claire Préfol

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