Documentaire Nom de code: Les poilus d’Alaska

Au plus fort de la Première Guerre mondiale, deux soldats français partent chercher des chiens de traîneau dans le Grand Nord américain. Récit inédit!

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Hiver 1914-15. Les obus pilonnent le front des Vosges. L’hiver ronge les soldats jusqu’à la moelle. De mémoire d’homme, il s’agit d’un des plus terribles qui aient frappé les molles crêtes de la région. Deux mètres de neige empêchent la circulation des soldats français et des mulets porteurs de vivres. On déneige plus qu’on ne combat l’ennemi. La situation est intenable. Depuis des semaines, le capitaine Louis Moufflet et le lieutenant René Haas travaillent au corps leur état-major pour imposer leur solution.

Avant la guerre, ces deux chasseurs alpins vivaient en Alaska. Alors, le blizzard, ça les connaît. Inlassablement, ils suggèrent aux officiers d’opter pour des chiens de traîneau pour assurer le transport des vivres. Au diable les mulets, trop lents, trop sensibles au froid, trop peu chargés. Les avantages des traîneaux sont indéniables. Les chiens coûtent peu, nécessitent moins d’hommes pour s’en occuper et la charge utile d’une dizaine de chiens avoisine les 250 kilos. Seul hic: il faut aller les chercher dans le Grand Nord américain.

Au mois d’août, le général Maud’huy approuve l’intégration de 400 chiens de traîneau dans l’armée française. Haas et Moufflet se jettent alors dans un périple de 10.000 kilomètres qui va les emmener du Golfe de Saint-Laurent et Québec aux éclatantes étendues alaskiennes. Au préalable, ils ont télégraphié à Scotty Allen, la star des mushers (conducteur de traîneaux) pour que celui-ci prospecte en toute discrétion les villages esquimaux aux alentours de Nomes, en Alaska, à la recherche de chiens de qualité. Cette histoire, aussi folle que la guerre qui l’engendra, n’a quasiment jamais été racontée. Les poilus en Alaska répare judicieusement cet oubli.

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