Documentaire: Made in Hollywood

Avec panache, une réalisatrice française décrit la face la plus sombre d’Hollywood.

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Pas besoin d’être un éminent critique pour dresser ce constat: tandis que les festivals et les cérémonies du monde entier – à commencer par nos Magritte! – récompensent des films à l’audience souvent confidentielle (Une séparation, The Tree Of Live, Les géants, Le gamin au vélo…), les spectateurs, eux, se ruent toujours plus volontiers vers les blockbusters (The Dark Knight, La guerre des monde…).

Et cette tendance internationale n’est hélas pas près de s’inverser. Bien au contraire! En atteste cette vaste enquête d’Anne Feinsilber, réalisatrice française ayant fait carrière aux States dans le cinéma indépendant.

Au gré de ses nombreuses rencontres avec des producteurs, des scénaristes, des acteurs, des attachées de presse, on comprend vite, mais sans surprise, que la face cachée d’Hollywood est peu reluisante et qu’il vaut mieux ne pas trop en savoir sur les milliards de dollars dépensés dans une industrie parfois présentée ici comme une mafia.

Un scénariste trouve par exemple scandaleux que le salaire minimal de sa corporation s’élève à seulement… 60.000 dollars! Mais qui s’étonnera vraiment du surréalisme de ce monde-là?

On s’interrogera plutôt sur cette gigantesque machine à fric qui fait qu’aujourd’hui, on ne considère un film intéressant qu’à partir de 100 millions de dollars. De quoi susciter quelques craintes quant à l’avenir du septième art.

Comme le souligne un ancien producteur: "Avant, on faisait la queue pour aller voir le dernier Fellini, le dernier Truffaut ou le dernier Bergman. Le public nord-américain cultivait un certain raffinement. Aujourd’hui, c’est fini. Les gens, ici, ne vont plus au cinéma que pour se divertir. C’est là, je crois, que le cinéma est en grand danger."

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