Documentaire: Klaus Barbie, « Criminel nazi »

Les grands témoins du procès du criminel nazi se remémorent comment Barbie a pu échapper à la justice pendant quarante ans.

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Le 8 décembre 2011, Ladislas de Hoyos, ancien journaliste de TF1, est mort. En Belgique, il était peu connu. En France, il était connu des plus vieux. Et si les médias se sont souvenus de lui, c’est principalement pour l’inlassable traque qu’il mena contre Klaus Barbie. En 1972, de Hoyos file à La Paz pour interviewer l’ancien officier SS qui se cachait alors sous le nom de Klaus Altmann. Il lui tend une photo de Jean Moulin et demande à Barbie de parler en français, de jurer qu’il n’a torturé personne, qu’il n’est pas un assassin et n’est pas à l’origine de la mort du grand résistant Moulin. Abasourdi, le "Boucher de Lyon" répète stupidement les phrases, feignant de mal parler la langue. Désormais, la France et les victimes de Barbie pouvaient mettre un visage sur le nom qui avait déporté des milliers de Juifs et de résistants. Cette interview, granuleuse, tournée sur une pellicule hésitante, fait office de climax dans Criminel nazi, le documentaire que le fringant Laurent Delahousse a consacré à Barbie.

A la fin de la guerre, Barbie fuira l'Allemagne et repartira de zéro, aidé par les services secrets américains, dans la lutte contre le communisme. La France veut cependant l’extrader, mais Barbie profite de la protection américaine, qui lui permettra de fuir en Bolivie. Il y démarre une exploitation de bois, se fait appeler Altmann (le nom d’un Juif qu’il avait "connu") et se sent comme un poisson dans l’eau au contact des dictatures militaires latino-américaines. Démasqué dans les années 70, il faudra attendre dix ans de plus pour qu’il soit extradé vers la France, en 1983. Son procès, filmé, verra deux visions s’affronter: Barbie en agent d’un système, menant la guerre et obéissant aux ordres et Barbie tortionnaire, violent, roublard et zélé jusqu’à l’extrême.

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