Documentaire: Fred Chesneau le globe-cooker Mexique

Le globe-cooker file au Mexique. Les plats sont alléchants, mais la sauce du docu ne prend jamais.

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Des reportages sur les cuisines du monde, il y en a tellement eu qu’il est toujours un chouïa casse-gueule de s’y risquer. Soit le gourmet qui sert de guide est bon, soit les plats et la culture culinaire exposés sont tellement intéressants qu’ils permettent de se passer d’un personnage conducteur brillant.

Dans le cas de Fred Chesneau, le globe-cooker, volet de la série Les nouveaux explorateurs consacré au Mexique, l’arrière-goût est à l’inverse de la gamme de piments rencontrés sur les marchés: fade. Surjoué, même.

Fred Chesneau, ancien homme de cinéma et de télévision, revenu à ses premières amours culinaires et repassé par la case télévision, commence par plein de bons sentiments. Il débarque sur une plage de la Basse-Californie, péninsule isolée du nord-est mexicain. Les intentions sont bonnes: on ne part pas du lieu le plus touristique qui soit, ni de la recette de la tortilla.

A la place, on découvre un pêcheur de langoustes à Magdalena, tenant un restaurant de fortune qui ne marche que deux mois en hiver. Puis tout s’enchaîne à une vitesse folle, sans laisser le temps d’expliquer ni de comprendre l’histoire des plats ingurgités sans cesse par Chesneau. Dans l’état de Chihuaha, ce sont les cordidas farcies à la pomme de terre et à la coriandre, ou les haricots au fromage avec la viande de sanglier. Le tout ponctué par le flux intarissable (certains aimeront, d’autres pas) des "muchos gracias" et des "c’est une tuerie" répétés par Chesneau. A un rythme infernal, on passe des champs d’agaves (plante pour faire de la tequila) au mole poblano, le plat national à base de dinde, avant de filer pour une recette de cochon braisé maya. Sans pouvoir souffler. Laisser aller nos sens. L’obligation de dynamisme devait-elle vraiment transformer ce reportage en catalogue façon fast-food?

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