Docu – Une année de dragon

Au centre Tadam, de l'héroïne est fournie sous contrôle médical. Une expérience unique dans notre pays.

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Liège, alias Tox City. Un surnom peu glorieux qui colle à la ville de Tchantchès et qu’elle doit à sa concentration d’héroïnomanes. Ils seraient plus de 5.000 dans un arrondissement judiciaire qui compte 800.000 âmes.

Le choix de la ville mosane pour implanter la première expérience belge de distribution contrôlée d’héroïne se justifiait donc amplement. La décision a été prise en 1995, créant une polémique, mais il a fallu attendre quinze ans avant que le centre Tadam n’ouvre effectivement ses portes en janvier 2011. Jusqu’en janvier 2013, des toxicomanes, triés par le CHU de Liège, qui gère le processus scientifique, y ont des rendez-vous réguliers (maximum trois par jour) pour venir y "chasser le dragon". Une expression qui désigne la consommation d’héro par inhalation, le mode le plus prisé.

Patrick Remacle et son équipe ont planté leurs caméras dans le centre pour rendre compte de l’expérience mais aussi en observer la vie: les rares moments de stress, lorsqu’il faut signifier à un patient qu’il n’est plus admis, mais surtout les instants de socialisation de gueules cassées qui y défilent toute la journée.

Autant de personnes prises au piège d’une poudre qui a détruit leur vie et qui essaient maintenant de s’en sortir. Ce sont évidemment les témoignages de ces destins brisés qui sont le sel du reportage. Et à les entendre expliquer comment cette expérience les sort du cycle infernal "rechercher de l’argent – acheter de l’héro – la consommer", on ne peut que l’approuver.

D’autant que, des policiers aux commerçants du quartier, tout le monde semble reconnaître que l’implantation de Tadam n’a apporté aucune perturbation supplémentaire, bien au contraire. Reste à voir ce qu’en penseront les décideurs politiques au moment de l’évaluation.

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