Docu Summer Of Rebels: Les rebelles du foot

Cantona rend hommage aux vrais forts en gueule du foot. Bel angle de tir. Premier élu: Mekloufi le révolutionnaire.

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C’est Eric Cantona qui sert de fil rouge – what else? – au sublissime Les rebelles du foot. La série documentaire (déjà passée sur la RTBF) a placé la barre haut pour évoquer un monde caché ou oublié du ballon rond.

Celui de ses forts en gueule qui ont fait aussi la noblesse de ce sport. Hommages appuyés à Caszely, Socrates, Pansic, Drogba et, pour commencer, Mekloufi. Les fans de Cristiano Ronaldo ne connaissent sans doute rien de ce dernier.

Normal, il a shooté en France et en Algérie dans les années 50. Sous la vareuse verte du grand Saint-Etienne. Ce technicien hors pair était un révolutionnaire dans l’âme qui a ému Bernard Pivot jusqu’aux larmes.

Contexte. En 1958, en pleine guerre d’Algérie et en compagnie d’autres camarades algériens actifs dans l’Hexagone, Mekloufi s’arrache de l’équipe nationale de France pour rejoindre Tunis et l’équipe improvisée du FLN.

Aujourd’hui encore, Mekloufi ne regrette pas sa décision. "C’était extraordinaire, on a projeté la révolution algérienne en pleine lumière, avec un retentissement international. Tout cela m’a énormément apporté. En tant qu’homme, j’ai fait un bond en avant incroyable. Avant, je n’avais pensé qu’au foot. J’étais apolitique. Au sein de l’équipe du FLN, j’ai appris à parler, à réfléchir, j’ai rencontré des grands leaders de l’époque…"

Rachid Mekloufi a la particularité d’avoir défendu les couleurs de trois équipes "nationales" différentes: France (4 fois), FLN (40) et Algérie (11). Agé aujourd’hui de 75 ans, il a par ailleurs été entraîneur du SC Bastia (1969-1970) et de l’équipe nationale d’Algérie (1982).

Le regard de ce rebelle sur le foot d’aujourd’hui est bien sombre: "Je suis très en colère contre ceux, et en premier lieu ses dirigeants, qui ont fait du footballeur un esclave de l’argent. Et aussi contre ces stars de pacotille, qui ont l’air de se prendre pour des dieux parce qu’elles sont douées avec un ballon. Heureusement, le vrai football n’est pas tout à fait mort. Quand je regarde jouer Barcelone, je me console."

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