Docu – Science: La fin des astronautes

À quoi servent encore les astronautes face à la puissance des sondes? Portrait sans concession d'un métier en chute libre.

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Connaissez-vous Gene Cernan? La colle de l’été… Il ne s’agit pas d’un quelconque bellâtre de série B américaine, ni d’un nageur olympique aux abdominaux proéminents. Non, Gene Cernan appartient à un club plus fermé encore.

Il est le dernier homme à avoir mis le pied sur la Lune. C’était en décembre 1972. Petit, Cernan était fasciné par les pilotes d’avion qu’on glorifiait aux actualités du cinéma, mais quand il vit Al Shepard devenir le premier astronaute américain dans l’espace, son choix de carrière était définitivement arrêté.

Aujourd’hui, Cernan est un homme amer. Oui, l’exploration spatiale a été glorieuse mais, reconnaissait-il il y a plus de dix ans, "Je suis toujours le dernier homme à avoir marché sur la Lune, c’est décevant. En quarante ans, nous n’avons pas avancé". Pourtant, à son retour de la Lune, Cernan en est persuadé: Mars sera la prochaine boule cosmique à succomber à la grande odyssée de l’espace.

Aujourd’hui, le métier de spationaute a du plomb dans l’aile et La fin des astronautes ne ravira pas tous les aspirants au vol intergalactique. Déjà à l’époque des belles missions Apollo, fortes en phrases cultes et photos hallucinantes, les Soviétiques parvenaient à ramener de la roche lunaire… pour un centième du budget dépensé par les Américains.

Leur secret: utiliser des sondes, et encore des sondes, à la place d’êtres humains. Leur précision imbattable et leur résistance (quasi) infaillible face à des conditions on ne peut plus inhospitalières en font désormais un atout plus payant, scientifiquement parlant, que l’œil de l’être humain. De Moscou à Houston en passant par Paris, les astronautes eux-mêmes questionnent l’avenir de leur profession.

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