Docu: Mais qui a tué Maggie? Les derniers jours de Margaret Thatcher

En 1990, elle se voyait encore 10 ans au pouvoir. Pourtant, il n’a fallu que trois jours pour l’éjecter de Downing Street.

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Pendant les années 80, en Angleterre, elle était "she". Qui? Thatcher, la seule femme, le seul elle", qui comptait au Royaume-Uni, voire dans le monde. Elle se faisait une idée particulière d’elle-même: le compromis était rayé de son vocabulaire. "Croyez-vous au consensus?" lui demanda un jour un journaliste. "Bien sûr, sourit-elle, avec une pleine soupière de sarcasmes. Mais un consensus qui se base sur mes convictions!"

Comme le montre Mais qui a tué Maggie? Les derniers jours de Margaret Thatcher, la dérive autocratique de la Dame de fer finira par l’entraîner dans un abysse d’impopularité. À la fin de l’année 1990, les ministres de Thatcher n’en peuvent plus. Et une bonne partie du parti conservateur non plus. Au motif de moderniser l’économie, les privatisations et les réformes les plus impitoyables ont entraîné trois millions de personnes dans la "dole queue", la file de chômage. Un tiers des 200.000 ouvriers du charbon ont été virés. Thatcher a laissé mourir les prisonniers de l’IRA lors de leur grève de la faim. Elle s’est entêtée dans la guerre des Malouines, dénuée du moindre intérêt stratégique.

Lorsqu’elle veut imposer la "poll tax", un impôt extrêmement défavorable aux plus pauvres, la coupe est pleine. 300.000 personnes manifestent à Trafalgar Square. Maggie, comme à son habitude, envoie la cavalerie anti-émeutes. 400 blessés. La manif se révélera une des plus violentes depuis 1926. Les députés Tories prennent alors peur: ils ne récupéreront pas leurs sièges aux prochaines élections. En trois jours, une cabbale s’organise contre Thatcher. Un loup aux dents longues, Michael Heseltine, entame une procédure interne pour la destituer. Et Maggie va se faire assassiner par ses proches, dans un épilogue tragico-hypocrite dont seule la politique détient le secret.

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