Docu – Les stratèges: ils avaient tout prévu (ou presque)

Les stratèges, un film édifiant sur les coulisses des élections présidentielles.

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Au lendemain des résultats du second tour de l’élection présidentielle française et après plusieurs semaines d’une frénésie politique impressionnante, le journaliste de France Inter Thomas Legrand et le réalisateur David André proposent un documentaire sur les coulisses de ce tourbillon médiatique.

Construit sur le long terme, ce film profite de nombreux entretiens des différents candidats en lice dans cette course au pouvoir, le tout sans langue de bois, ou presque. Marine Le Pen, François Hollande, Jean-Luc Mélenchon, Eva Joly…

La seule figure importante qui manque à cette série d’interviews n’est autre que… Nicolas Sarkozy himself! Une absence motivée par les réalisateurs de ce reportage en raison d’un agenda trop rempli du candidat président. Malheureusement, même si l’homme est omniprésent pendant les 140 minutes qui composent ce docu grâce aux images de différents meetings et discours, le défaut d’un entretien personnalisé laisse suspecter un certain parti pris en faveur de François Hollande.

"Ce n’était pas notre intention, explique le journaliste Thomas Legrand, mais notre film s’est composé au jour le jour, avec la dynamique d’une victoire de la gauche presque annoncée depuis le début."

Prévu dès le début pour être diffusé après l’élection du nouveau président, Les stratèges dévoile, et c’est sa force, des candidats aux discours très libérés grâce à la promesse de n’être montrés qu’après la campagne qui les a tant éprouvés.

On y retrouve notamment un Jean-Luc Mélenchon au bout du rouleau, qui explique qu’il ne dort plus depuis des mois en raison du stress, mais on y entend également les confidences des conseillers de François Hollande et de Nicolas Sarkozy.

Des moments édifiants, humanisants et parfois moins. "Certaines semaines, déclare David André, nous pensions que tout était joué. L’exemple Merah nous a appris que rien n’est jamais acquis. À cet instant-là, nous étions persuadés que Nicolas Sarkozy allait gagner les élections. Finalement, cette "vague" de revendications n’a duré que quelques semaines, pour retomber par après."

De quoi comprendre comment sont tirées les ficelles derrière l’homme qui se retrouvera sur le trône du président de la République, mais surtout les moyens titanesques employés au service de ses convictions. Ou, du moins, des convictions qu’il revendique.

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