Docu – Léonard de Vinci: l’énigme de La belle princesse

Enquête artistique et scientifique sur le tableau La belle princesse, récemment attribué à Léonard de Vinci. Mieux que Les Experts!

349425

Retrouver un tableau de Léonard de Vinci n’arrive pas tous les jours. Surtout s’il s’agit d’un portrait, car on n’en a conservé que douze sortis du pinceau du maître du sfumato. Et quand sa paternité devient un sujet de déchirement entre spécialistes, l’histoire n’en devient que plus croustillante.

En 1998, le marchand d’art canadien Peter Silverman remarque, lors d’enchères chez Christie, un petit tableau attribué à un peintre allemand strictement inconnu. L’œuvre est datée du XIXe siècle et proposée pour la modique somme de 19.000 $. Silverman ne l’achète pas, mais quelques années plus tard, il en fait l’acquisition auprès d’une marchande new-yorkaise.

Le dessin est tracé avec trois craies sur du vélin. Il représente une jeune fille de profil, l’air noble, les lèvres légèrement pincées, vêtue d’un costume Renaissance. Ses joues sont roses et elle semble issue de la noblesse.

Silverman a l’intuition que le tableau est de la main de Léonard de Vinci. Il le confie, en 2007, au laboratoire parisien Lumière et Technologie. L’enquête que retrace L’énigme de la belle princesse peut commencer. Grâce à des techniques de pointe, dont une caméra ultra haute définition, deux chercheurs découvrent une empreinte palmaire, comparable à celles retrouvées sur d’autres tableaux du maître.

Le carbone 14 date le portrait aux alentours du XVIe siècle. Rapidement, la princesse se dévoile. Il s’agirait de Bianca Sforza, fille du duc de Milan, le "patron" de Léonard de Vinci.

Aujourd’hui, la communauté des historiens de l’art se divise pour reconnaître son authenticité, bien que Silverman soit soutenu par de solides experts. Effet collatéral de cette attribution polémique, l’œuvre est aujourd’hui estimée à 100 millions d’euros.

Sur le même sujet
Plus d'actualité