Docu – Le monde en face: Révolte chez les Amish

Depuis le XVIIe siècle, ces anabaptistes obéissent aux préceptes. Mais des critiques commencent à s’élever dans la communauté recluse…

343315

Chez les amish, ça ne se bidonne pas tous les jours. Y a des règles et des prescriptions et encore des règles. Et c’est à peu près tout. Peu de place pour l’esprit critique, donc, chez ces anabaptistes (qui prônent le baptême volontaire) ayant fui l’Europe, ses schismes et ses persécutions dès le XVIIe siècle pour émigrer aux États-Unis, et plus particulièrement en Pennsylvanie.

Si l’on appartient, comme Ephraïm, pivot de la Révolte chez les amish, au Vieil Ordre, le plus grand et le plus conservateur du mouvement, on se marre encore moins. On le sait, les amish ont fait le choix de s’habiller pareil pour ne pas faire reluire l’individu. Ils cultivent à l’ancienne, portent la barbe, ont une vision un tantinet rétrograde du rôle de la femme, ne circulent que dans des calèches en bois peintes dans un certain gris (et pas un autre!) et parlent l’allemand de Pennsylvanie. L’amish travaille tout le temps, n’a pas droit à l’électricité, ni à rouler à vélo, mais peut quand même se déplacer en rollers. Selon la communauté, les bretelles croisées dans le dos sont proscrites. Ou autorisées. Mais pourquoi?

Oui, pourquoi?, s’est demandé un jour Ephraïm. L’homme, plutôt jovial et ironique, s’est penché sur sa bible. Mais elle était dans un vieil allemand du XVIIe siècle, auquel plus personne ne comprend rien. Et sûrement pas les prêcheurs de tout poil qui tiennent les communautés dans leur gant de fer. Alors, Ephraïm et sa famille ont étudié les Écritures en anglais, pour y déceler une apparition de rollers sur le chemin de croix. Rien. Du coup, la communauté les a excommuniés. Parce qu’ils ont trop pensé. Jessy, le frère d’Ephraïm, va aussi être radié. Il a chanté des cantiques en anglais. Et même si son père est dans le jury de l’anathème, il a peu de chances de s’en tirer.

Sur le même sujet
Plus d'actualité