Docu – Le bonheur à tout prix

On l’exige, on le traque… et on paie cher, parfois, pour se donner la chance ou l’illusion de l’obtenir. L’épanouissement serait-il devenu une obsession?

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On ne l’a sans doute jamais autant cherché, le bonheur… Et si les philosophes de l’Antiquité s’interrogeaient déjà sur le sujet, la réflexion est aujourd’hui devenue nettement plus… mercantile. Car, comme l’indique le titre de ce documentaire, Le bonheur à tout prix, les candidats à la félicité semblent désormais prêts à (presque) tout pour atteindre leur but ultime.

Il y a les conquérants solitaires, venus puiser quelques conseils au rayon "Bien-être" des librairies. Un secteur en plein essor: avec plus de 380 nouveaux ouvrages chaque mois, il se situe en troisième position après la littérature générale et la jeunesse. Leurs maîtres à penser: les spécialistes de la psychologie positive. "Positive" car, disent-ils, le bonheur s’apprend – y compris à Harvard! – et dépend majoritairement de notre manière de réagir aux événements.

Une bonne nouvelle car, pour d’autres, l’accès au bonheur implique un investissement financier qui laisse songeur. Terre du bouddhisme et de la méditation, l’Inde a trouvé là un joli filon: le tourisme écolo-bien-être de luxe. Dans un cadre de rêve, les Occidentaux viennent soigner leur corps et leur esprit. Ce n’est pas donné, mais on est sûrs, au moins, d’être bien chouchoutés, à défaut d’accéder à un niveau de conscience supérieure.

Plus près de nous, dans une surenchère d’apprentissages sur le bonheur, les thérapies les plus fantaisistes se multiplient: stage de "rigologie" à 800 € les cinq jours, séance d’EFT (Emotional Freedom Technique) à 200 €… De quoi se poser quelques questions. D’autant que le marché fleurit également sur le Net, sans réglementation. Alors, une fumisterie, cette quête de l’épanouissement? Pas seulement. Mais sans doute la question principale serait-elle de s’interroger – comme le fait la réalisatrice à l’issue de ce film – sur ce que c’est vraiment le bonheur. Et d’éviter d’en faire une obsession.

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