Docu – L’ami Ben

Face-à-face - à l'ancienne - entre Poelvoorde et Dayez car, oui, cela fait vingt ans qu'ils sont là. 

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Dans un décor fait de velours et d’or (celui de l’ambassade de Belgique à Paris), Benoît Poelvoorde remercie Hugues Dayez d’avoir été le premier à l’interviewer il y a vingt ans, à l’atterrissage de l’ovni C’est arrivé près de chez vous.

Dayez nous convie – ce sont ses termes – à "une soirée diapos", feuilletant l’album d’une carrière qui, clairement, est un gigantesque accident industriel ou, pour être plus juste, un accident existentiel.

"C’est tout à fait ça, dit Dayez. Après C’est arrivé, Poelvoorde tourne autour du cinéma pendant cinq ans. Il fait un peu de théâtre, il fait Monsieur Manhattan. Il venait d’une école de graphisme, l’ERG, il parlait de la BD avec une telle connaissance du dessin, c’était son ambition première. C’est vrai, il a fait une carrière d’acteur par accident. C’est un acteur autodidacte et qui a donc les limites d’un autodidacte."

Depuis vingt ans, quel est le moment de la carrière de Poelvoorde que vous préférez?
Hugues Dayez – Plus que ses films, c’est son parcours qui m’intéresse. Il y a quelques personnalités qui, quoi qu’elles fassent, sont des vedettes populaires. Ce n’est pas lié à leur filmographie, mais à leur tempérament. Poelvoorde en fait partie. Quand on a vu C’est arrivé, on a eu l’impression de voir un acteur subversif qui allait faire dans l’alternatif, alors que – sans qu’il soit devenu Louis de Funès – il est entré dans un cinéma très mainstream.

Quels sont les moments où il vous a  énervé?
Quand les médias se sont rués sur sa déprime, lorsqu’il a commencé à s’étaler sur son envie d’arrêter le cinéma, il en faisait trop. Il ne se rendait pas compte qu’il était manipulé par certains médias. Ça m’a mis mal à l’aise parce que je savais que – sans être des propos d’ivrogne – il ne fallait pas prendre pour argent comptant tout ce qu’il disait.

Il a beaucoup tourné et parfois n’importe quoi. A-t-il décidé d’être plus cadré dans ses choix?
Je ne suis pas sûr qu’il fera de meilleurs choix, mais il élargit les champs. Il agira toujours à l’affectif. Il n’a pas de plan de carrière, il réagit à l’instinct, parfois son instinct est bon, parfois…

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