Docu: La route des amphores, une histoire de la conquête romaine

En plus de sa force militaire, Rome a joué d’un autre atout pour dominer la Gaule: le commerce du vin.

216279

L’étiquette de pays à vins, du rouge qui tache au Mouton Rothschild, n’a pas toujours collé à l’image de la France. Du temps de leurs ancêtres, les Gaulois, c’était plutôt les mixtures brassicoles qui abreuvaient les fiers guerriers. Mais une nation, orgueilleuse et forte, devait bouleverser les habitudes bibitives de la Gaule, tout en grignotant farouchement son territoire.

Rome, la ville-monde, n’avait pas attendu de s’emparer de la Méditerranée pour la dominer commercialement. En témoignent les milliers d’amphores de vin repêchées depuis des décennies dans les épaves de la Mare Nostrum. C’est grâce à ces amphores, véritables mines d’informations pour les archéologues, capables depuis longtemps de retracer leurs origines, qu’Arte nous propose une plongée dans le passé et une approche originale de la conquête des Gaules.

Tout débute avec le commandant Cousteau et sa première fouille sous-marine, en 1952. Trois décennies plus tard, Luc Long, archéologue, va découvrir deux bateaux empilés l’un sur l’autre. Un siècle les sépare. Le premier contient une petite cargaison d’amphores aux origines diverses. Le second, plus récent, en contient des milliers, signe d’un accroissement du commerce de rouge un siècle avant notre ère.

A l’origine, le produit était un luxe et, au niveau local, on n’en produisait qu’aux environs de Marseille. Contre une bouteille de vin, on pouvait échanger un esclave. Cependant, durant le siècle qui précède la défaite de Vercingétorix, cent millions d’amphores de 25 litres vont être éclusées par les Gaulois. La conquête romaine va accélérer le phénomène. Petit à petit, les Gaulois vont adopter cette boisson, en même temps qu’ils calquent le mode de vie romain.

Sur le même sujet
Plus d'actualité