Docs interdits: Le diable de la République, 40 ans de Front National

En décembre 2012, le Front National français fêtait ses quarante ans d'existence. La même année et pour la cinquième fois, un Le Pen s’était présenté à l'élection présidentielle.

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Jean-Marie, le sulfureux père, s’était fait remplacer par sa fille Marine, avide de pouvoir. Elle a remporté 18,5 % des suffrages, mieux que son paternel en 2002 qui avait pourtant atteint le second tour.

Le diable de la République offre une lecture historique pour comprendre comment le FN s’est mué d’un simple groupuscule de fachos bagarreurs à une force politique désormais incontournable politiquement et médiatiquement.

Captivante de bout en bout, fouillée sans prétendre à l’exhaustivité, cette enquête-documentaire démarre là où tout a commencé, au tournant des années 60 et 70.

L’extrême droite est alors exsangue. Quelques mouvements opèrent encore, à la marge, dont "Ordre Nouveau". Son principal objectif: bastonner l’extrême gauche.

Mais le groupuscule se rêve plus grand. Un ancien poujadiste, plus jeune député de France en 56, pourrait faire office de sauveur. Son nom: Jean-Marie Le Pen, tribun démago et doué, que les piliers d’Ordre Nouveau voient avant tout comme un porte-parole doublé d’un larbin.

Erreur fatale, car Le Pen va bientôt incarner à lui seul le parti, qui deviendra le Front National en 72. Très vite, il va relier chômage et immigration et marteler que la France doit rester aux Français. La machine est en route, aidée par quelques décisions stratégiques de Mitterrand, soucieux de déstabiliser la droite classique.

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