[DOC] Tous en Seine: un fleuve au coeur de Paris

A la découverte des secrets dissimulés par les berges parisiennes de la Seine, classées au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1991.

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Les jours s'en vont, elle demeure. Lascivement étendue sur 13 kilomètres, enjambée par 37 ouvrages d'art, du pont de Sully à celui d'Iéna, la Seine fait le zouave, amuse les croisiéristes, creuse sous les pavés la plage, cadenasse les amours romantiques, bouquine peinarde sur les quais et contemple les chefs-d'œuvre du patrimoine parisien. "Elle n'a pas de souci, elle se la coule douce, le jour comme la nuit, et s'en va vers Le Havre et s'en va vers la mer, en passant comme un rêve au milieu des mystères, des misères de Paris", chantait Jacques Prévert. C'est elle qui rhabille les Parisiennes, tailleur sophistiqué rive droite contre jupon bohème rive gauche. C'est elle la dernière demeure des amants de la Tour de Nesle, cousus dans un sac et jetés à l'eau par les brus de Philippe le Bel, après une folle nuit de débauche. C'est sur son lit que fluctuat nec mergitur (flotte mais ne sombre pas) la plus belle ville du monde. C'est elle la complice des amants surpris par Robert Doisneau au square du Vert-Galant. C'est elle encore qui détient le secret de la légendaire suicidée, source d'inspiration pour les masques mortuaires ornant les murs des maisons d'artistes et pour bon nombre d'écrivains dont Maurice Blanchot, "une adolescente aux yeux clos, mais vivante par un sourire si délié, si fortuné, qu'on eût pu croire qu'elle s'était noyée dans un instant d'extrême bonheur". Ce sont ses arcanes, ses activités bouillonnantes, ses métiers méconnus, ses lieux insolites et ses brûlants adorateurs que met en scène le documentaire de Marion Baillot et Claire Lajeunie, diffusé ce soir. Vienne la nuit, sonne l'heure, c'est parti pour 50 minutes de bonheur.

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