[DOC] Poutine, l’éternel retour

A grands coups de propagande virile et d'élections malmenées, il est devenu l'alpha et l'oméga de la politique russe. Portrait du président qui ne rit jamais.

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Vladimir Poutine n'est pas du genre à éclater de rire. Pas en public en tout cas. Lors de ses conférences de presse, il alterne sarcasme, menace et dédain. Mais l'ancien du KGB, parvenu au pouvoir au tournant du millénaire, manie les ficelles de la politique russe comme sa poche. Poutine, l'éternel retour contient bien l'essence de l'homme dans son titre. Contraint par la constitution de quitter son siège de président en 2008, Poutine ne fera pas le forcing. Il va plutôt placer un poulain qu'il s'imagine capable de maîtriser.

Dmitri Medvedev possède ce que Poutine n'a guère: un certain sens de la souplesse. Il va entamer une ouverture de l'économie russe, engrangeant pas mal de capitaux, promouvant les nouvelles technologies et entonnant que "la liberté vaut mieux que la non-liberté" lors d'une conférence de presse restée célèbre. La crise économique américaine va stopper cette main tendue aux investisseurs. La croissance russe dégringole. Une autre crise, militaire cette fois, se déclenche en Géorgie. Poutine, qui préfère les démonstrations de force à celles du nouvel iPad, reprend la main. Il supervise les manœuvres. Et prépare son retour.

Ce sera chose faite, le 4 mars 2012, après une élection où même un de ses proches conseillers reconnaîtra des irrégularités. Mais Poutine a vaincu. Il verse une larme à l'annonce des résultats, avant d'amorcer un durcissement du régime. Ses premiers discours sont destinés aux militaires et aux amis du FSB (l'ex-KGB). Poutine optera alors pour la voie de la Russie forte (tracas causés aux activistes des droits humains financés par l'étranger, affaire des Pussy Riots), au détriment des courbettes démocratiques de façade.

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