[DOC] Liên de Mê Linh, ou Guerres et crimes de guerre

Jean-Marc Turine sauvegarde le témoignage des victimes de l'"agent orange", ce défoliant nauséabond balancé par les Américains tout au long de la guerre du Viêtnam.

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Du Viêtnam, outre la folie meurtrière dans laquelle les États-Unis s'embarquèrent, on retient comme emblème, à l'instar du gaz en 14-18, les avions bombardant du napalm sur les forêts. On oublie parfois que l'Oncle Sam, jamais à un coup tordu près, passa surtout beaucoup de temps à balancer sans compter de l'"agent orange" (un herbicide puissant) sur les terres agricoles, pour priver son ennemi de nourriture. Produit par Dow Chemical ou Monsanto, ce produit contenait pas mal de dioxine, qui eut des effets dévastateurs sur les populations locales. Cancers et malformations se signalèrent des années plus tard, et ce jusqu'à aujourd'hui.

Collaborateur et proche de Marguerite Duras, producteur à France Culture et à la RTBF, Jean-Marc Turine s'est plongé au cours de ces dernières années dans ces vies suspendues à un crime de guerre. Il a rencontré les victimes actuelles. Parmi elles, Liên, qui habite à Mê Linh (d'où le titre de son documentaire). Son père a été contaminé par l'"agent orange". A transmis cet empoisonnement du sang et les affres qui l'accompagnent. Sa fille, Liên, est "inachevée". Tout au long de son parcours, empli d'une sincère indignation, Turine accumule des témoignages qui vont dans le même sens. Les victimes sont pauvres. Pas de dédommagement qui tienne pour elles. A peine quelques concessions financières de l'Etat vietnamien. Rien des Américains. Bill Clinton a refusé, en 1995, au moment de la normalisation des relations avec le Viêtnam, de reconnaître la dangerosité de la dioxine contenue dans l'"agent orange". Aujourd'hui, l'hypocrisie continue, malgré la création d'associations de vétérans américains venues soutenir les victimes de la folie de leurs supérieurs.

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