[DOC] Les grands documents de Grand Angle – Le crime invisible

Arme de terreur depuis le début des conflits ivoiriens, le viol des femmes a souvent été tu. Des témoignages durs mais lucides de victimes qui n'ont jamais obtenu réparation.

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Depuis la mort de Félix Houphouët-Boigny, au milieu des années 90, la Côte d'Ivoire a traversé une profonde crise militaire, économique et ethnique. Tout au long des conflits, et principalement lors de la guerre civile de 2002 à 2006, un phénomène de masse est passé sous le radar de la plupart des médias: le viol des femmes. En 2007, la chercheuse américaine Etelle Higonnet de Human Rights Watch sortait le premier rapport sur ce phénomène. Trois ans plus tard, de nouvelles violences éclataient, lors de la présidentielle qui mettait aux prises Laurent Gbagbo, président sortant, et Alassane Ouattara. Parce que le tabou du viol comme arme de terreur sur les populations n'avait pas encore été levé, Higonnet est partie rencontrer, à ce moment, des femmes suivies lors de sa première étude. Le format ne serait plus textuel, mais audiovisuel. Il fallait toucher le plus grand nombre.

Le crime invisible démarre par une synthèse de l'histoire récente de la Côte d'Ivoire, pays méconnu en Belgique, qui connut avec Houphouët-Boigny une croissance économique considérable, avant de stagner dans les années 80. L'idée d'"ivoirité" prônée par l'un de ses successeurs créera des tensions ethniques au sein de la société ivoirienne. Ce sont, sans surprise, les témoignages de Mariam, Aminata, Rose ou Hélène qui frappent le plus. Petit à petit, elles se sont ouvertes à Higonnet. Racontent le bouleversement du quotidien qui suit l'acte du viol. Comment accepter l'enfant qui peut en résulter? Comment continuer à gagner sa vie? Comment se comporte la famille après ce funeste branle-bas de combat mental?

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