[DOC] Duels: Alain Delon, Jean-Paul Belmondo, le félin et le magnifique

Neuf sociétés de production ont postulé pour réaliser cet épisode de la série Duels. C'est la très pince-sans-rire Véronique Jacquinet qui nous narre le choc des titans du cinéma hexagonal.

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50 ans de cinéma, 170 films à eux deux, un césar chacun (oui, un seul, seulement), ces géants ont marqué de façon indélébile le patrimoine français. Delon lui-même disait d'ailleurs: "Nous sommes complémentaires. La carrière de Jean-Paul n'aurait pas été ce qu'elle est sans moi, et vice versa, parce qu'on ne court pas un cent mètres tout seul". La rivalité, que l'on pensait gonflée par les médias, toujours en mal de duels, s'avère donc pourtant bien réelle. Au départ, tout oppose ces gamins parisiens: Delon grandit dans un milieu populaire, Belmondo chez les artistes nantis. Non, Pierrot le fou n'a pas la gouaille innée! Et l'élégant Tancrède Falconeri n'a pas d'origines aristocratiques!

S'ils démarrent ensemble dans Sois belle et tais-toi d'Allégret, ils sont immédiatement mis en concurrence par les journaux. Car les voilà jeunes premiers, l'un A bout de souffle, l'autre en Plein soleil. On les suit, on les voit grandir, accumuler les rôles majeurs… S'éloigner, trouver leur style, leur public, la gloire. Jusqu'au clash. Borsalino, 1969.

Tout a pourtant été balisé: le temps d'écran des deux monstres sacrés a été chronométré pour éviter les jalousies. Mais voilà, Delon, également producteur du film, est deux fois sur l'affiche. Colère de Belmondo, qui ira jusque devant les juges. Le feuilleton se poursuit, chacun multipliant les expériences, tentant tout pour éclipser l'autre. Jusqu'aux retrouvailles joyeuses, sur le plateau de 1 chance sur 2. Un Duels avec happy end! Qui a l'élégance de zapper l'époque contemporaine un chouïa décadente des deux stars.

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