[DOC] Alcoolisme: la promesse du baclofène

L’alcool tue vingt personnes par jour en Belgique. Et si un médicament: le baclofène pouvait aider à diminuer ce chiffre?

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"Craving: Désir impératif ou sensation de compulsion pour la prise de substance". Telle est la définition de l’OMS pour décrire le calvaire que vivent au quotidien des milliers d’alcooliques de par le monde, certains au saut du lit, d’autres à peine sortis du boulot. Des malades qui ne rêvent que d’une chose: sortir, enfin, de cette spirale infernale. Pour y arriver, ils ont tout essayé. Et pourtant, rien n’y fait, la rechute est toujours au rendez-vous.

En 2002, l’un d’entre eux, le cardiologue Olivier Ameisen, découvre que le baclofène, un décontractant musculaire utilisé pour soulager les malades de la sclérose en plaques, réduit l’assuétude de rats à l’alcool ou à la cocaïne. Il tente alors l’expérience sur lui-même et se rend compte qu’arrivé à une certaine dose, son envie d’alcool a totalement disparu. Dans un livre sorti en 2008 (Le dernier verre, éd. Denoël), il relate son expérience ainsi que son combat pour la reconnaissance du baclofène comme traitement de la maladie alcoolique. Un combat repris depuis par des médecins persuadés de son efficacité et des patients qui ont eux aussi tenté l’aventure avec un succès sans précédent.

Car, oui, le baclofène fonctionne. Selon diverses études, le taux de réussite varie de 50 à 80 % à long terme: plus qu’aucun autre traitement traditionnel. Gros hic: il s’agit d’un médicament générique et aucun labo le produisant ne veut investir pour qu’il soit indiqué dans le traitement de l’alcoolisme. D’autres en ont donc profité pour proposer une nouvelle molécule, le nalméfène, qui devrait être sur le marché belge dans les mois à venir à un prix vingt fois supérieur à celui du baclofène! À travers le témoignage de partisans et détracteurs du baclofène, le docu proposé ce soir par La Une revient sobrement sur un traitement qui, à défaut de faire l’unanimité, sauve chaque jour des vies qui paraissaient sans lendemain.

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