[DOC] 1950-1990: le scandale des armées secrètes de l’Otan

Enquête historique au cœur des cellules de l'Otan pour lutter contre le communisme, extra- et intra-muros. Passionnante.

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24 octobre 1990. Face à une commission parlementaire, le Premier ministre italien Giulio Andreotti révèle, à demi- mot, l'existence du projet Gladio. Qu'était-ce? Une armée secrète italienne qui faisait partie des cellules stay-behind, un ensemble de réseaux censés riposter, dans les pays européens membres de l'Otan, à toute invasion venue du bloc de l'Est. Si Gladio est le plus célèbre des stay-behind, c'est parce que le projet a été évoqué dans de nombreux épisodes louches des années de plomb, dont le fameux attentat contre la gare de Bologne en 1980, mais également à cause de ses liens étroits avec la sulfureuse loge maçonnique P2 et l'une de ses figures emblématiques.

Loin de se contenter d'un simple détour par la Botte, Le scandale des armées secrètes de l'Otan démarre à la fin des années 40. Les prémices sont connues: les Américains craignent le pouvoir soviétique et créent une organisation politico-militaire, l'Otan, pour s'ériger en rempart contre le Pacte de Varsovie. A l'époque, la CIA d'Allen Dulles se permet de venir donner des ordres au général de Gaulle lui-même, et n'est pas étrangère aux attentats de l'OAS. La France quittera l'alliance en 1966. Partout en Europe, des groupements clandestins sont mis en place, sans doute avec des formations à la clé, afin d'obtenir des troupes potentiellement mobilisables si jamais un pays communiste se prenait à empiéter sur les terres de l'Otan.

Même un pays neutre comme la Suisse sera doté de sa propre cellule. Pour recruter, les initiateurs des stay-behindne font pas dans la dentelle, piochant allègrement parmi les anciens nazis et autres fascistes en tout genre. Passionnant, le document n'oublie pas de se pencher sur les liens prétendus entre les stay-behindet les tueurs du Brabant, l'une des nombreuses pistes évoquées pour résoudre les traumatiques massacres des années 80.

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