[DOC] 14-18: l’histoire belge (1/3)

La der des ders sur le sol belge, une histoire méconnue racontée par Bernard Yerlès. Un document passionnant et instructif dont on ne sort pas indemne.

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Tout le monde connaît Bernard Yerlès. Mais qui savait qu'avant d'embrasser la carrière de comédien, ce féru d'histoire voulait étudier l'archéologie? Alors quand Michel Mees et Marianne Sluszny, les auteurs de ce document magnifique, lui ont demandé d'en être le narrateur, c'est sans hésiter qu'il a accepté. Rencontre.

Ce projet vous a tout de suite séduit?

Bernard Yerlès – Oui. Parce que c'était un projet ambitieux et que j'étais honoré qu'on me le propose. Ensuite, il traite de la mémoire et des valeurs de transmission qui sont importantes pour moi. Et puis, il me plaisait de raconter une partie de notre histoire, que je ne connaissais pas si bien que ça. On connaît Verdun, la bataille de la Somme, les poilus, mais à part ça… Peu de chose sur la Belgique. J'avais en mémoire des anecdotes de notre histoire familiale, on racontait que mon arrière-grand-père, revenu fou des tranchées, mutique pendant 4 ans, plantait son couteau dans la table pour demander le silence… Ma grand-mère, décédée à cent ans, parlait souvent de son enfance, de l'exode… J'avais envie, moi aussi, d'être porteur de cette histoire.

La série relate l'histoire d'un pays mais aussi plein d'histoires familiales…

B.Y. – Exactement. Il y a la grande histoire, les faits, les batailles, mais dans ce reportage un peu kaléidoscopique, on se rend compte de toutes les aventures humaines. De ces hommes plongés dans cette terrifiante histoire bien malgré eux, croyant que ça allait durer 15 jours. On a retrouvé des témoignages très touchants de soldats interviewés dans les années 60 pour le cinquantenaire.

Votre implication dépasse la simple narration. Vous êtes allé sur les lieux de mémoire…

B.Y. – C'était une sorte de pèlerinage sur ces lieux qui portent encore les stigmates de cette période. Au fort de Loncin, vous ressentez vraiment quelque chose. C'est très impressionnant, ce fort soulevé par la Grosse Bertha. Il y a encore aujourd'hui, dans cette fente, des restes de casques écrasés, de… (Il se tait – NDLR.) Et tous ces noms de rues, de héros, de résistants qu'on connaît à peine… Tous ces personnages qu'on découvre par le rôle qu'ils ont joué. Puis on parlera de l'histoire du conflit linguistique né à cette époque et de ces mouvements d'extrême droite qui se créent pour défendre l'identité flamande. C'est très instructif.

Quelle anecdote vous a le plus touché?

Un soldat rentre dans son village, il reconnaît sa rue. Il marche doucement vers sa demeure. Il frappe et là, un enfant ouvre la porte. Cet enfant découvre un soldat qu'il ne connaît pas et va chercher sa maman dans la cuisine. Et il lui dit: "Maman, il y a un soldat devant la maison, mais ce n'est pas un vrai soldat, parce qu'il pleure"… C'est pour cela, pour ces petites et grandes histoires, que cette série mérite d'exister.

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